Quand la vie dépend d’un coup de fil…la suite.
*parentèse*
Les notes commencent à rentrer! (ceci est pour toi, maman) Deux A-, un B+ et une dernière note à venir. Je suis contente, je vais augmenter ma moyenne!
*fermer la parentèse*
J’ai eu des plaintes (ahem!) comme quoi je n’avais pas poursuivi mon récit de l’article “Quand la vie dépend d’un coup de fil“. Okay! Voici la suite.
Sur le chemin du retour, j’étais un peu désemparée. J’avais tout de même réussi à me calmer un peu (non sans l’aide d’un ami, que j’appellerai pour les besoins de la cause “maitre corbeau”, il va se reconnaitre). J’ai décidé d’appeler celle à qui il faut parler en cas d’urgence, après la police et les pompiers, c’est-à-dire mon ancienne superviseure de stages, Madame D. Je savais que je devais faire quelque chose pour aider mon ami, mais mes idées étaient tellement embrouillées que je ne savais plus pas où commencer. Je savais que je devais à tout prix me détacher de la situation, parce que je faisais partie du problème de mon ami, en quelque sorte.
Ouin, je ne t’ai pas tout dit…
Ce qui a été le plus difficile à surmonter, c’est que mon ami me disait que c’était de ma faute s’il avait gobé ces pilules. Il disait m’aimer, mais que moi je l’ai repoussé. Le fameux message de menace de suicide disait: ” Maintenant tu vas me prendre au sérieux”. Il disait que je ne ferai jamais une bonne intervenante en relation d’aide, parce que lui, je n’avais pas su l’aider.
Voilà pourquoi j’étais désemparée et que j’avais besoin de parler à Madame D. Je voulais m’assurer qu’il sorte de l’hôpital avec de l’aide à ses côtés, mais je ne voulais surtout pas m’en mêler. Parce que psychologiquement, j’en était incapable.
Madame D. m’a conseillé d’appeler au centre de prévention du suicide de Québec. C’est quand même étrange que j’ai conseillé cette ressource une dizaine de fois à plusieurs personnes, mais je n’avais pas songé une seconde à appeler pour moi-même. La personne à qui j’ai parlé m’a beaucoup aidé. Il a pu répondre à mes questions et calmer mes inquiétudes. J’ai appris qu’ils offraient un suivi en collaboration avec les ressources déjà en place pour aider mon ami. En raccrochant, j’avais une meilleure idée du comment agir dans cette situation.
Profitant de l’absence de mon ami, j’ai appeler chez lui pour parler à son père. Je ne l’avais jamais rencontré ni même parlé, mais j’avais besoin de lui parler pour lui expliquer la situation et surtout, pour savoir comment il se sentait. D’ailleurs, c’était parce que j’avais appelé les policiers que leur porte avait été défoncée. Ça été une conversation très émouvante. Il m’a dit que les policiers s’étaient présentés à son travail pour lui annoncer que son fils était à l’hôpital. Il m’a dit à travers ses larmes qu’il s’était rendu là pour voir son fils et que celui-ci l’avait repoussé en lui disant de “crisser son camps”. J’avais au bout du fil un père complètement décousu et envahi par la culpabilité. La culpabilité de n’avoir pas perçu les signes…et d’avoir peut-être fait une erreur dans son éducation. “Comment on a pu en arriver là?” - qu’il me disait. L’écouter était très difficile. Néanmoins, j’ai senti que c’était la première fois qu’il en parlait. Le rassurer était selon moi la meilleure chose à faire à ce moment. Je l’ai conseillé de ne surtout pas rester seul dans cette situation et d’appeler le centre de suicide au besoin, comme moi ça m’avais aidé.
Voilà. Seigneur j’espère qu’un situation comme celle-là ne m’arrivera plus jamais. Mais bien sur, on ne peut jamais être certains de rien. J’ai côtoyé des personnes suicidaires quelque fois et ce n’est jamais facile, mais jamais ça ne m’étais arrivé d’être impliquée personnellement. J’ai appris que c’était très différent. Alors que je sais garder mon calme et le focus sur les mesures à prendre quand j’interviens avec une personne que je ne connais pas, je n’arrivais même pas à me rappeler du nom de mon ami quand j’ai appelé le 911.
Ce que j’ai appris de cette histoire: Dans des situations comme celle-ci, le plus important et de ne pas rester seul. Même si on ne veut pas en parler, il faut s’entourer! Même si on se croit au dessus de tout ça, qu’on a l’impression de pouvoir s’en sortir tout seul et sans aide, il faut se rappeler que la situation que l’on vit n’est pas facile.